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mercredi 25 mai 2011

Entretien avec Cyril Deydier

Entretien avec Cyril Deydier
("Marie-Betty", "Marie-Betty et le livre des conte", Edition Jérôme Do. Bentzinger
Et "Les aventures de Johny Jane", Editions de La Lune)

1001 Livres : Les histoires pour enfants, un bien joli domaine où l’on n’a pas besoin d’avoir dix ans pour se laisser porter dans le rêve et l’imaginaire. Qu’est-ce qui te pousse à écrire ce genre de littérature ?

Cyril Deydier : Je pense avant tout que je suis un grand rêveur. Avec la littérature jeunesse, tout est possible. On peut marcher sur l’eau, voler, avoir pour compagnons des animaux qui parlent, tout ça est normal… Et puis c’est un vrai plaisir des mots, des dialogues farfelus, des images incroyables. 

1001 Livres : À quel rythme écris-tu, quotidiennement : selon l’envie, en fonction d’un plan de travail préétablit… ?

Cyril Deydier : Un peu de tout ça. J’essaie vraiment d’écrire tous les jours. J’ai toujours plusieurs projets en tête. Alors, il y a immanquablement le manuscrit sur lequel j’ai fini le travail de documentation et sur lequel je peux coucher l’histoire sur papier, et puis les autres, dont les recherches se poursuivent, ou qui nécessitent encore des heures de corrections.

1001 Livres : Penses-tu écrire un jour dans un autre registre (roman, polar…),

Cyril Deydier : Oui tout à fait. J’aime raconter des histoires, quel que soit le genre. J’ai par exemple publié deux nouvelles pour adultes qui sont dans un style assez éloigné de mes romans pour un jeune public. 

1001 Livres : Et si on parlait de tes lectures, quelles sont celles que tu affectionnes ?

Cyril Deydier : C’est le grand drame de l’écriture. C’est une discipline tellement accaparante que j’ai de moins en moins le temps de découvrir d’autres ouvrages. Et puis quand on effectue un travail de recherche, on doit éplucher des dizaines de romans et autres livres afin de se faire une idée plus précise d’un sujet. Alors en ce moment par exemple, je dévore les livres historiques écrits au XVIe siècle. En fait, c’est assez drôle et plaisant de découvrir ce type d’ouvrages. Ils ont un style et une manière de penser qui n’est plus la nôtre, et qui à elle seule, fait voyager.

1001 Livres : De manière générale, qu’est-ce qui t’insupporte le plus ?

Cyril Deydier : Le manque de temps ! J’aimerais tellement utiliser l’une de ces machines imaginées par H. G. Wells et pouvoir rallonger mes journées de travail. 

1001 Livres : Un mot que tu aimes particulièrement et pourquoi celui-là plus qu’un autre ?

Cyril Deydier : « Fabuleux ». Car à lui seul, il revoit à l’imaginaire du quotidien, aux qualités d’une personne, ou à une histoire qui nous à particulièrement plu. À une situation, à une impression, bref à tant de choses, que ce mot ne m’inspire que du positif.  

1001 Livres : Il n’est certes pas facile, ni évident d’écrire pour la jeunesse. Où puises-tu ton inspiration, toutes tes belles idées ?

Cyril Deydier : Merci. Je ne sais pas trop d’où tout ça provient. Juste à observer le monde qui m’entoure et à l’entrevoir un rien plus « fabuleux » (sourire). Je peux par exemple observer une vieille dame courbée dans la rue, traînant sa poussette de marché en sortant d’un immeuble, et je m’imagine en fait qu’il s’agit d’une jeune fille déguisée, tirant derrière elle un enfant dissimulé et traqué par des malfrats, et à qui l’avenir promet un destin sans commune mesure.

1001 Livres : Beaucoup d’auteurs ont des petits rituels, des petits "trucs" indispensables lorsqu’ils écrivent. Est-ce ton cas ?

Cyril Deydier : Il me semble que chez moi, c’est le travail quotidien. Il s’effectue au réveil, à ce moment précis où le monde des songes n’est toujours pas parti de nos esprits. Je reste ainsi à rêver tout en composant mes histoires.

1001 Livres : On se doute (et on te souhaite) que ton chemin littéraire n’est qu’à son début. Quels sont tes projets futurs ?

Cyril Deydier : À nouveau merci. Il me semble en effet que lorsque l’on goûte à l’écriture, on ne veut plus faire que ça.
Pour les projets, j’ai adapté mon premier roman, Marie-Betty, en scénario et vais l’envoyer à des sociétés de production. J’ai peu d’espoir d’attirer leur attention, mais après tout, j’ai bien été édité de cette manière.
Sinon, j’ai terminé les corrections d’un roman jeunesse de fantasy et pense l’envoyer aux éditeurs d’ici peu. En parallèle, je viens de terminer la suite des Aventures de Johny Jane et travaille depuis près d’un an sur des recherches afin d’écrire un roman jeunesse de cape et d’épée.

1001 Livres : Nous sommes tous (ou presque) un peu rêveurs. Quel est ton rêve le plus utopique ?

Cyril Deydier : Mon rêve le plus utopique serait sans doute à terme de faire de l’écriture mon métier à temps plein.

1001 Livres : Quelles traces souhaites-tu que les enfants gardent après avoir lu tes livres ?

Cyril Deydier : Qu’il est toujours possible, au plus profond de soi, de vivre ses rêves et de les réaliser, et que même si tout ça est difficile, on peut y arriver !

1001 Livres : Un enfant de mon entourage m’a emprunté tes trois livres : "Marie-Betty", "Marie-Betty et le livre des contes" et "Les aventures de Johny Jane". Je lui ai demandé un mot, un seul, après lecture. Il a répondu : Magique. Qu’en penses-tu ?

Cyril Deydier : Eh bien, ça fait vraiment plaisir. Pour ces trois ouvrages, j’ai vraiment laissé mon imagination vagabonder. Et à leur parution, j’étais un peu inquiet d’être le seul, au final, à apprécier leurs univers. Alors, ce genre de commentaire positif, ainsi que les multiples mots d’encouragement que je reçois par courrier, pousse à continuer !

1001 Livres : Et pour finir, ta vie sans l’écriture : est-ce imaginable ?

Cyril Deydier : Lorsque l’on commence à écrire, on ne le dit à personne. C’est notre jardin secret, que l’on regarde avec admiration tout en étant conscient qu’il est imparfait. Et puis au fur et à mesure que les années passent, on travaille et perfectionne son style et ses histoires. C’est un travail sans fin et il est difficile d’être satisfait d’un ouvrage, même terminé. On a toujours quelque chose que l’on voudrait modifier après coup. Et puis je me suis attaché à mes personnages. Ils existent en mon for intérieur tandis que d’autres, une flopée de nouveaux amis, frappent à la porte de mon imaginaire pour prendre forme par écrit. Aujourd’hui je peux dire que non, il m’est impossible de ne pas raconter des histoires !

Merci Marie pour cette jolie interview.

Propos recueillis par Marie BARRILLON


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