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lundi 9 novembre 2009

Entretien avec Claire Tournu

Entretien avec Claire Tournu

(Diables d’anges, éditions Yvelinedition)

 

1001 LIVRES : Comment t’est venue l’idée d’écrire ce roman « Diables d’anges », mi-ange mi-démon ?

Claire TOURNU :  « Diables d’anges ! » est l’histoire romancée de mon arrivée sur terre. Ce qui s’est passé, ce qui pourrait expliquer que cela s’est passé comme ça et pas classiquement, ce qui aurait pu arriver, ce que l’explication romancée, avec cette lutte du bien contre le mal et vice versa aurait pu nourrir comme complications, comme cadeaux aussi .
« Diables d’anges ! » est mon premier roman, il était aussi logique que ce petit roman qui allait accoucher de son auteur soit sur le thème de la maternité, de l’arrivée. Ce n’est pas que le roman de ma naissance, c’est aussi le roman de la naissance de l’auteur. C’est un bébé-roman.

1001 LIVRES : Quelle place l’écriture tient-elle dans ton quotidien ?

Claire TOURNU : L’écriture est omniprésente dans ma vie. J’écris, je note, je surligne, je fais des bilans, des plans, des résumés. Je fais des listes, que j’oublie un peu partout. C’est presque mon seul média mnémotechnique. Je pourrais dire que la place de l’écriture dans ma vie, c’est surtout celle d’une très bonne et vieille amie, de ces amis qui vous connaissent sur le bout des doigts, avec lesquels on a autant de fou rires que de peines, de ceux avec lesquels on se fâche aussi vite qu’on se réconcilie. L’écriture est ma plus vieille amie, la plus fidèle aussi mais pas la moins exigeante.

1001 LIVRES : As-tu des moments plus propices que d’autres pour écrire ?

Claire TOURNU : J’ai pendant un moment principalement écrit fort tôt, le matin entre 5h et 7h du matin ou fort tard. Aujourd’hui, j’écris plutôt le matin et l’après midi, sur des périodes un peu trop courtes à mon goût, de deux heures, environ, mais incontournables.

1001 LIVRES : Quelles sont les lectures qui ont ta préférence ?

Claire TOURNU : Côté lectures, je suis extrêmement sélective. J’aime les livres, romans ou essais, forts en émotions mais aussi très forts en concepts, en rêves, en sous-entendus, en thèmes sous-marins, en subtilité. J’admire beaucoup Jean-Christian Petitfils pour son travail d’historien et sa plume qui n’a pas à rougir devant de jolies lignes. J’adore la bonne fantasy (je ne suis pas cliente des trolls et autres gnomes) et j’ai une tendresse pour la littérature gothique (Frankenstein, Dracula, l’étrange cas du docteur Jekyll  et de Mr Hyde...) Dracula de Bram Stoker est mon livre de chevet. C’est celui auquel je reviens toujours.

En ce moment, je lis l’auteur Robbin Hobb, non pour son royal assassin mais pour son soldat chamane. Je ne me lasse pas non plus de Molière, que je relis fréquemment. Si on veut me faire plaisir, on peut m’offrir le dernier livre de Christian Ingret-Taillard, aussi !

1001 LIVRES : Lorsque tu écris, élabores-tu un plan auquel tu te tiens, ou au contraire écris-tu à l’instinct ?

Claire TOURNU : C’est plus compliqué que cela. Je sais avant tout quel(s) thème(s) je veux aborder. Ensuite, je commence toujours l’écriture par la lecture. Ma question principale avant d’écrire est de me demander comment le(s) thème(s) a été traité, quelles symboliques ont déjà été exploitées, quels personnages stéréotypés ont déjà été faits. Je lis mais je regarde aussi pas mal de films ou émissions, j’écoute certaines musiques. Je m’imprègne, en fait. Je vais me plonger dans une gamme qui sera étendue dans le temps et dans le choix : quel mauvais livre a été écrit sur ce thème et pourquoi est-il mauvais ? Quel bon livre a été écrit ? Comment ce thème était-il développé  il y a cinq siècles, par exemple ?

Ensuite, je mets au point des personnages. Je prends des notes, j’imagine leur vie, leurs petits tics, leurs défauts. Quels points faudra-t-il que je développe pour que le lecteur sache que mon personnage est comme ceci, avec cette éducation, ces principes là, etc. Quelle sera l’utilité ou non de mon personnage ? Je trouve un prénom qui évoquera déjà tout un tas de concepts même enfouis à mon lecteur.

Appeler son héros Alexandre, ce n’est pas la même chose que de l’appeler Niel, par exemple. Dans Diables d’anges ! Par exemple, les prénoms des personnages sont très évocateurs, de leur rôle, de leur passé et de leur avenir, de leurs qualités et défauts. Ils sont ancrés fortement dans le récit par ces racines-là. Quand je « sens » un peu mieux les thèmes, que je les ai fait miens, que j’ai ciselé mes personnages, j’imagine une situation de départ et passe d’un personnage à un autre, me mettant dans sa peau, dans sa vie, dans sa tête. Mon alcoolique ne va pas réagir comme mon prof policé, ni comme ma copine farfelue.

Une fois la situation de départ mise en place et mes personnages présentés, là, opère la vraie magie de l’écrit. Tout soudain, l’histoire se met en place. Je le sens, le pressens presque et mes personnages vivent presque seuls. Ils réagissent les uns aux autres, surgissent ou disparaissent. L’histoire devient une entité quasi autonome. La structure se met en place quasiment toute seule avec les personnages, leur rôle et là où je veux aboutir. Très souvent, j’écris pour savoir la suite moi-même.
1001 LIVRES : Où trouves-tu ton inspiration ?

Claire TOURNU : Je trouve la question de l’inspiration très difficile. Comment répondre ? Si l’inspiration est un souffle, alors, je la trouve dans mon besoin de respirer. Naturel. Si l’inspiration est la faculté de mettre en scène certains rebondissements par le biais de l’imagination, alors je la trouve dans tout ce qui pourrait me nourrir intellectuellement mais aussi humainement, artistiquement. Je lis, j’écoute, je regarde des films, des documentaires, des plateaux de gens qui se rencontrent, je suis active au sein de ma commune, j’ai des enfants.

Tout cela vit, bouge, agit, interagit parfois. Souvent, je vois des gens, des mimiques, des situations ou j’entends des choses qui me semblent être des éléments de roman. Peut-être les ai-je déjà utilisés, mais je ne l’ai pas fait sciemment. Pour le deuxième roman, un personnage est empreint de vieux souvenirs de lycée mais uniquement pour le physique.

1001 LIVRES : Ta fille écrit également. Elle est l’auteur d’un recueil de poésies "Renaissance" publié sous le nom de Moy, dont j’ai fait la chronique. Est-ce en définitive, une passion familiale ?

Claire TOURNU : Oui, ma fille écrit aussi. Elle écrit de la poésie. Avec un certain talent dans le rythme, le sens de la formule, talent que je n’ai pas. Elle est très différente dans ces goûts littéraires, dans ces utilisations des effets stylistiques de moi. Ses thèmes diffèrent. Est-ce une passion familiale ? Je ne sais pas le dire. Peut-être que non, après tout. Ce qui est sûr, c’est que j’ai voulu leur donner le goût de la lecture, à ses frères et sœurs et à elle-même, avec un succès très variable d’un enfant à l’autre. J’aime beaucoup ce qu’elle fait, elle écrit avec une certaine maturité et une jolie maîtrise de son domaine. C’est un partage familial.

1001 LIVRES : Quels sont tes projets à venir ? D’autres romans ?

Claire TOURNU : En ce qui concerne mes projets, je travaille en ce moment à la promotion de mon deuxième roman, en le faisant découvrir autour de moi. Je participe à l’écriture du scénario d’un spectacle au sein de la commission culture de la mairie de ma ville. Je travaille également à l’organisation d’un salon du livre à Xaronval, dans les Vosges, salon qui devrait cette année s’enrichir de prix littéraires. Tout ceci est en cours. Côté roman, je suis en phase de gestation. Je couve un petit, dont le titre s’est imposé à moi « Les rois aussi savent dire je t’aime » avec des thèmes ou des sous-thèmes gravitant autour de la femme, de l’enfantement dans ce qu’il a de douloureux pour l’âme et le corps, de l’amour de soi et de l’autre et de la liberté.

Oui, Marie, je sais ce que tu vas me dire : toujours les mêmes thèmes ! Mais je les crois fondamentaux en vérité pour toute société qui accepte de réfléchir encore un peu sur elle-même et sur les hommes qui la portent. Pour le moment, seulement un personnage est sorti de sa coquille. Le roi lui-même ne sera sûrement qu’un second rôle et n’a pas encore pris place dans mon imagination.

Propos recueillis par Marie BARRILLON

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