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vendredi 17 avril 2009

Entretien avec Julie Saltiel

Entretien avec Julie Saltiel
(La cinquantaine bien tapée, Editions Denoël)

1001 livres : Si tu n'avais pas été professeur de Philosophie, vers quel métier te serais-tu tournée ?

Julie Saltiel : J’aurais été comédienne ou psychanalyste, j’ai d’ailleurs pris des cours de théâtre et commencé des études de médecine avant d’être happée par la philosophie.

1001 livres : N'est-il pas difficile de dissocier la philosophie (ton domaine) du roman ?

Julie Saltiel : Si, c’est très difficile, car la philosophie relève essentiellement d’un travail minutieux du concept et fait donc appel à la « pure intelligence », tandis que la fiction littéraire fait appel à l’imagination, au rêve, à la subjectivité, à tout le contraire quoi.
Cela fait donc de moi une personne clivée, mais c’est un clivage créatif.

1001 livres : Lorsque tu écris, t'imposes-tu une certaine organisation ou au contraire, te laisses-tu une liberté totale ?

Julie Saltiel : Pour la philosophie, une organisation draconienne s’impose, tandis que pour la fiction, les conditions idéales pour moi sont celles d’un lâcher prise total, d’une sorte d’ « irréfléchissement » ; et comme je suis insomniaque, j’aime écrire la nuit, plus propice à cet abandon de l’esprit. Dans les deux cas le silence est d’or.

1001 livres : Y aura-t-il un autre roman après "La cinquantaine bien tapée" ?

Julie Saltiel : Oui, un autre roman est en écriture et en souffrance aussi, car j’ai commencé en même temps un livre de philosophie.

1001 livres : Pour revenir un peu sur le sujet de ton roman, la cinquantaine est-ce si déroutant ?

Julie Saltiel : Oui c’est une forme de « crise » existentielle, de bouleversement biologique, de « nostalgie » (celle d’une jeunesse certes lointaine mais encore proche par le souvenir), d’une perception plus intense du temps qui passe, de la réduction d’un certain nombre de possibles, de la peur nouvelle de la douleur. Tout cela évoque en filigrane l’idée d’un « basculement ».

1001 livres : Et par rapport à la crise de la quarantaine que nous connaissons tous, quelles sont les différences, s'il y en a, selon ton avis personnel ?

Julie Saltiel : Je pense qu’à chaque « tournant de la dizaine » il y a crise, mais celle de la cinquantaine est, me semble-t-il, la plus aigue, autant pour les femmes que pour les hommes d’ailleurs, car elle s’accompagne de changements irréversibles dans le corps et dans l’esprit ; et ces changements beaucoup moins « subtils » et « discrets » que les précédents nous rapprochent avec plus d’évidence de la « vieillesse ». Ils nous rappellent avec force ce que nous ne sentions auparavant que très indistinctement : le fait que nous sommes mortels.

Propos recueillis par Marie BARRILLON


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